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 Petit guide d’action syndicale pour sauver l’emploi

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Sylvain

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Localisation : Normand vivant en Meuse
Date d'inscription : 20/01/2009

MessageSujet: Petit guide d’action syndicale pour sauver l’emploi   Lun 5 Oct - 9:37

En janvier, le syndicaliste Jean-Yves Delabarre ne m’avait pas caché que sa petite usine de Caudebec-lès-Elbeuf était en sursis. Son ancien propriétaire, l’équipementier automobile Autoliv, venait de reprendre ce site à l’agonie pour un euro symbolique, moyennant 123 licenciements. Non sans préciser qu’il tâcherait de le revendre, comme en 2002. Neuf mois plus tard, il y a quelques raisons d’espérer : Autoliv est toujours aux manettes de Normandy Precision Component (ex-EMT Composants) ; des travaux ont commencé, et le travail des 150 salariés rescapés a été réorganisé, comme j’ai pu le constater auprès d’eux en visitant l’usine. La productivité a bondi de 20 %, m’a fait valoir l’un des dirigeants.

Mais il y a, surtout, de quoi s’inquiéter. Et comme le délégué CGT n’est pas du genre “à faire les pleureuses siciliennes”, ni “à se laisser balader”, il a déclenché avec le comité d’entreprise le droit d’alerte sur la situation économique de l’entreprise.

“C’EST FACILE DE TUER SON CHIEN”

L’urgence, me dit Jean-Yves Delabarre en me sortant les bilans financiers, c’est les pertes qui se creusent, à cause de l’effondrement du chiffre d’affaires : il ne devrait pas dépasser 8,5 millions d’euros cette année, alors qu’il atteignait 46,7 millions en 2007. La direction justifie cette chute par la baisse des ventes de voitures due à la crise, et le déstockage qu’elle a entraîné chez les constructeurs comme chez Autoliv, seul client de NPC. Et elle fait valoir qu’Autoliv a vu son propre chiffre d’affaires chuter de 43 % au premier semestre.

“D’accord, mais la chute est beaucoup plus forte pour nous ! Et Autoliv avait promis dans son offre de reprise de nous faire cette année 18 millions d’euros de commandes”, répond l’élu CGT. Qui s’est forgé sa petite idée sur la chute de la demande d’Autoliv :

Câbles destinés aux ceintures de sécurité, prêts à être expédiés.Les craintes d’être “lâchés” sont d’autant plus fortes qu’un cabinet de consulting a été chargé de trouver des partenaires ou un repreneur pour NPC. L’objectif, selon le dirigeant que j’ai rencontré, est d’”assurer la pérennité de l’entreprise”. Mais Jean-Yves Delabarre ne croit pas qu’une revente soit le meilleur moyen : “Quand Autoliv a vendu un atelier à Saint-Etienne, il s’est rapidement effondré.” Et si fermeture il devait y avoir, il préfère qu’elle soit orchestrée par le grand groupe suédois que par un petit repreneur :

TRÉSORERIE PILLÉE

Il y a un autre point noir : NPC a une filiale en Turquie, “construite par notre ancien propriétaire sous la pression d’Autoliv, Elle nous a pillé notre trésorerie, nos machines et nos savoir-faire, et beaucoup de commandes. Mais on se dit que si on est revendus, elle nous donnera de la valeur !”. Or, il est prévu qu’elle soit rattachée à Autoliv Turquie, pour un montant qui le fait presque s’étrangler :

Jean-Yves Delabarre, délégué CGT à NPC.Jean-Yves Delabarre travaille ses arguments, et tant pis s’il a moins de temps pour lui. Il veut croire que grâce aux experts et avocats payés par le CE – “c’est plus utile que d’organiser des voyages” –, il obtiendra qu’Autoliv “nous donne du boulot”. Quand la direction souligne que les pièces qui sortent de l’usine sont en moyenne 12 % plus chères que celles de la concurrence, il réplique que “sur les câbles, on est à peine au-dessus des autres” et affirme que “si on fait du volume, on sera moins chers”. Et qu’il y a encore des marges pour augmenter la productivité, “du moment que c’est fait avec les salariés”.

Le tableau de la CGT expliquant leurs demandes lors des NAO (négociations annuelles obligatoires), sur les salaires. Fort des 90 % de voix obtenues aux dernières élections professionnelles, et des nombreux salariés syndiqués à la CGT, il maintient cependant la pression. Après quelques jours de chômage partiel au printemps, le CE a refusé d’y donner un avis favorable, et négocié avec la direction afin qu’il n’occasionne pas de pertes de salaire, grâce à des formations. “En plus, ces formations à la qualité étaient très utiles”, dit-il. Et il se félicite de la hausse des salaires de 3,94 % tout juste obtenue :

Il est presque 21 heures quand je quitte les locaux du CE. En guise de conclusion, l’élu CGT prévient : “On fera tout ce qu’on peut pour sauver notre usine. Mais si Autoliv veut la casser, on va l’aider. Et on a les moyens de l’emmerder !”

Claire Ané


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