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 COMMUNIQUE HEBDOMADAIRE DU M.N. N° 113

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MessageSujet: COMMUNIQUE HEBDOMADAIRE DU M.N. N° 113   Ven 16 Oct - 17:04

COMMUNIQUE HEBDOMADAIRE DU MOUVEMENT NORMAND

COMMUNIQUE N° 113 - SEMAINE 41 - 2009

LA POSTE : SERVICE PUBLIC, SERVICE D'INTERET GENERAL, SERVICE FEODAL, HORS SERVICE...


Lorsque l'actualité est très chaude, la prudence voudrait qu'on évitât de s'y bruler les doigts. Ce n'est pas la voie qu'ordinairement suit le Mouvement Normand. Groupe de pression se revendiquant comme tel, il n'entend pas se laisser impressionner par la clameur ambiante et, même, n'hésite pas à gratter là où cela fait mal, surtout si, en son sein, les avis divergent. "En Normandie, disait André Siegfried, la vérité n'est jamais entièrement du même côté". C'est le cas dans cette affaire très médiatisée de ce pseudo-référendum d'initiative populaire où la question posée,"Faut-il ou non privatiser la Poste", laissait présager un résultat à la soviétique de plus de 95 % en faveur du NON. Il est d'ailleurs étonnant que quelques-unes des personnes, s'étant déplacées, aient répondu par l'affirmative.

Parmi nos amis, beaucoup ont participé à cette consultation insolite et biaisée, d'autre s'y sont refusés, les et les autres avec des motivations très valables et qu'il faudrait prendre en compte dés l'instant où l'on veut réfléchir au devenir de cet organisme en mutation, si proche des citoyens et, paradoxalemement, si peu à l'écoute des utilisateurs.

Pour la suite de notre réflexion, nous laisserons de côté tous commentaires sur l'opération politicienne de cette votation : n'est-il pas étrange que ce soit les représentants éminents du Parti Socialiste qui mènent le branle alors que c'est le Gouvernement Jospin qui, en son temps, a accepté les règles de concurrence de l'Union Européenne concernant les services publics, la fin programmée des monopoles et le glissement sémantique de la notion de service public vers celle de service d'intérêt général ?

Pour bien situer notre état d'esprit, nous rappellerons que le Mouvement Normand, à l'époque du Gouvernement Balladur, avait mené campagne pour qu'un moratoire mît fin à la fermeture des bureaux de poste en milieu rural (Ce que nous avions obtenu - avec beaucoup d'autres, bien entendu - mais nous avons en archives des courriers ministériels plutôt rassurant sur la question). Certes, la Poste, dans les années 1990, était déjà un E.P.C.I. (Etablissement Public Commercial et Industriel), mais il jouissait encore pleinement du monopole de l'acheminement du courrier... Or, qu'avons-nous observé depuis quinze ans ? Un grignotage hypocrite de la FONCTION de service public de la Poste.
D'abord, on a rendu nombre de bureaux de poste peu intéressants, peu rentables, inadéquats : les heures d'ouverture se restreignirent, puis les jours ; nombre d'opérations y devinrent difficiles voire impossibles... Ensuite, on continua à en fermer irrémédiablement. Ce "on" indéfini est l'illustration même de la tare de cet organisme : c'est de "là haut" que les décisions étaient prises. Nous étions, nous sommes toujours, en présence d'une structure centralisée et pyramidale, dont les dirigeants ne peuvent avoir qu'une gestion comptable de l'ensemble qu'ils "managent". Au fond, nommés par l'Etat - qui, crachant au bassinet, consent investir au minimum -, les responsables de la Poste se considèrent comme des barons la tête de leurs fiefs, n'ayant de comptes à rendre qu'à leur tutelle... Le monopole aidant, ce sont les règles qu'ils imposent à des usagers qui ne sont pas considérés comme des clients. De là, une attitude rigide qui, du haut en bas de la hiérarchie postale, fait que le citoyen se pliait, se plie encore aux exigences de cet organisme. Lequel a mis beaucoup trop de temps à comprendre que les temps changeaient, que l'entrée dans le système européen (votée par qui ? décidée par qui ?) entraînerait tôt ou tard la fin du monopole et l'arrivée prévisible de nouveaux opérateurs. Ce à quoi nous assistons depuis quelques décennies, c'est une course échevelée pour rattraper des retards : il faut moderniser, il faut rationnaliser, il faut investir, il faut s'apprêter à lutter contre des concurrents redoutables comme Deutsche Post ou d'autres opérateurs privés ou publics étrangers... On remarquera que, dans ce contexte, fiévreux, de rattrapage, la gouvernance de l'ensemble reste tout autant jacobine qu'auparavant. Paris décide, le reste doit suivre ou s'adapter. Rationaliser, mutualiser, rendre plus performant (tout l'arsenal des restructurations est mis en oeuvre). Que le personnel renâcle, c'est normal. Que les futurs clients (car on saura nous dorer la pilule en disant que nous serons désormais des clients chouchoutés !) soient peu consultés sur l'évolution du système est une évidence. Tout vient encore d'en haut et la base - le personnel subalterne et les citoyens - n'a qu'à suivre.

La situation présente est la suivante :
En janvier 2010, fin du monopole. Les concurrents arrivent. La Poste n'a pas achevé sa mutation et reste moins performante que ces opérateurs concurrents qui, s'ils veulent s'en donner la peine, peuvent conquérir les marchés ls plus lucratifs du service postal.
Le Gouvernement a un plan : mettre deux milliards d'euros avant janvier 2010 (après ce ne sera plus possible) pour que la Poste rattrape ses retards et s'adapte à la lutte acharnée qui va se déclencher. La tranformation de l' E.P.I.C. en Société Anonyme découle de cela : l'injection de capitaux par la Caisse des Dépôts ne peut intervenir que si, paraît-il, cette transformation juridique a lieu. A noter que la C.D.C. est aussi un organisme d'Etat. Donc la Poste ainsi recapitalisée reste à 100 % entre les mains de l'Etat.
Y a-t-il danger de privatisation ? Oui. Parce que l'on ne fait plus confiance dans la parole de l'Etat central qui, à tout moment, peut changer les règles. Non, si l'on considère que le capital pour l'instant et, sans doute pour longtemps, est public.
La véritable question - celle qui n'est pas posée par les uns (l'Etat) et par les autres (les organisateurs de votation) - devrait être : "La gouvernance de la Poste cessera-t-elle d'être cetralisée, jacobine et uniformisée sous ouvert d'égalité de traitement sur tout le territoire ?".
Nous sommes prêts à prendre le pari qu'il n'en sera rien. Cela signifie que la crise à la Poste n'est pas prête, elle, de s'éteindre et que les mois qui viennent verront des mouvements sociaux perturber la distribution du courrier.

Quelles solutions pourrions-nous préconiser ?

D'abord partir de la satisfaction des besoins de la clientèle.
Que demande-t-elle ? Que les services - tous les services : il n'y a pas que le courrier - soient rendus. Dans les meilleures conditions, c'est-à-dire avec ponctualité, régularité et avec une quasi égalité de traitement où que l'on habite.
Les usagers - qui sont aussi des citoyens contribuables - souhaitent que les coûts du service postal restent... décents (donc encadrés).
Pour le reste - quoi qu'en disent les syndicats - la clientèle est prête à un certain nombre d'accommodements, dont, horresco referens !, la création de "points-poste" chez le boulanger ou l'épicier du coin. Certes, chez le commerçant en question, on ne pourra effectuer les trente à quarante opérations que l'on peut faire dans un bureau de poste normal, mais les fonctions rares ne sont pas celles que l'on utilise tous les jours (évidemment puisqu'elles sont rares !), d'une part, et les horaires d'ouverture de ce "point-poste" seront plus larges, d'autre part. Ceci n'est qu'un exemple qui montre que nous ne voulons pas nous interdire les solutions de remplacement qui font hurler les syndicats si elles permettent la satisfaction des besoins du plus grand nombre.

D'un autre côté, le Mouvement Normand souhaite une autre gouvernance de la Poste : désétatisation de l'organisme, régionalisation de l'ensemble avec présence dans les organes d'orientation des délégués des collectivités locales, représentants démocratiques des citoyens. Que l'on ne nous fasse pas dire ce que nous ne voudrions pas avancer : la régionalisation de la Poste n'est pas la panacée à tous les problèmes que se posent les citoyens à son sujet. De même que nous ne nous satisfaisons pas de la déconcentration dont se targue la direction centrale de la Poste : les directeurs régionaux sont de simples pions chargés d'appliquer les consignes d'en haut. Ce que nous souhaitons, c'est que par la régionalisation la façon de faire face aux défis présents et à venir de la Poste émane de la base et, tout d'abord, de la satisfaction des besoins des usagers. Et ces besoins sont différents selon les régions et, à l'intérieur des régions, selon les zones urbaines et les zones rurales. C'est donc un problème d'aménagement du territoire. Les élus - car nous pensons qu'ils ont un rôle primordial à jouer - doivent se faire les interprètes des desiderata des usagers et prendre leurs responsabilités quant à l'utilisation des enveloppes dévolues au bon fonctionnement du service postal (public et privé : ce n'est pas nous qui l'avons ouvert la concurrence !).
Pierre Bérégovoy, parlant de la santé, disait qu'elle n'avait pas de prix, mais qu'elle avait un coût. En le paraphrasant, nous dirons que le service public de la Poste n'a pas de prix, mais qu'il a un coût. Il serait temps d'en prendre conscience et de rechercher la meilleure efficience du système dans un contexte européen que la nation a cautionné. Il s'agit donc d'être cohérent.

La Poste est un bien commun : ce n'est pas une féodalité entre les mains d'une technostructure engluée dans un jacobinisme d'un autre âge ou entre les mains de ses agents qui voudraient bien la "bunkeriser" , sans rien changer et sans tenir compte de l'évolution des techniques de communication. La Poste est un service public qui doit d'abord être au service du public.

Pour le Directorat Noir (Faits de société) du Mouvement Normand

Robert LEVASSEUR
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