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 Communiqué Hebdomadaire du M.N. n° 116

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MessageSujet: Communiqué Hebdomadaire du M.N. n° 116   Mar 10 Nov - 18:10

COMMUNIQUE HEBDOMADAIRE DU MOUVEMENT NORMAND

COMMUNIQUE N° 116 - SEMAINE 44 - 2009

IL FUT UN EVEILLEUR D'ESPRIT


Le professeur Pierre Chaunu vient de mourir à l'âge de quatre-vingt-six ans. On peut lire dans tous les journaux sérieux de grands articles retraçant la carrière exceptionnelle de ce grand universitaire, qui remplit la plus grande partie de son magistère à l'Université de Caen, en Normandie, où il demeurait. c'était en outre un grand théologien puisqu'il prêchait au temple de Courseulles-sur-mer, transmettant sa foi luthérienne aux familles réformées du Calvados. Chacun pourra consulter la volumineuse bibliographie de cet historien, qui était en même temps un témoin de son temps, voire un acteur, comme le montra l'ascendant de son maître ouvrage "La peste blanche" sur les politiques familiales de la France et de l'Allemagne.

Sans doute aurait-il été surpris d'appendre l'influence qui fut la sienne dans la création du Mouvement Normand puisqe, lorrain et réformé, non directement concerné par la Normandie, il n'avait d'autres racines que la science historique, où il excellait, et l'Alma Mater, dont il était un représentant éminent. Pourtant, ayant formé des promotions entières d'historiens et d'enseignants en histoire, dans toute la Normandie (il enseigna aussi à Rouen), il était fatal que certains d'entre eux fussent à l'origine de la création de notre Mouvement, délivrés des tabous qui les empêchaient de rompre avec le conformisme étouffant de la conception totalitaire de l'Etat centralisateur.

Pierre Chaunu, par son enseignement roboratif, nous a libérés du carcan de la conception marxiste et dogmatique de l'histoire, la seule qui était admise dans l'Université française depuis des décennies. Ce conformisme faisait de la plupart des étudiants en histoire des perroquets répétant à satiété la vulgate officielle. Oh ! Il n'avait pas ques des partisans, le Professeur Chaunu, et l'on reconnaissait ses auditeurs enthousiastes à ce qu'ils osaient braver la pesante chape de plomb qui recouvrait l'Université, et au-delà, la société.

Ses cours sur "l'Espagne et les Espagnes", "l'Europe du temps des réformes", étaient lumineux, renversaient les pseudo-vérités établies. Ils éveillaient l'esprit et donnaient à ceux qui voulaient les entendre l'envie de renverser les bastilles les plus imprenables d'une science historique, devenue bréhaigne à force de propagande, d'interdits en tous genres, de connivences entre pseudo-maîtres, qui se refilaient les chaires comme autant de prébendes réservées aux "camaradesé. Pierre Chaunu rompait des lances avec ses collègues historiens d'obédience marxiste, non par idéologie contraire - il fût alors entré dans leur jeu -, mais par souci scientifique de remettre l'istoire à l'endroit, c'est-à-dire débarassée de la seule explication d'une éternelle lutte des classes. D'autres facteurs étaient à prendre en considération : il n'en excluait aucun, même si, adepte de l'Ecole des Annales, il systématisait - à notre avis un peu trop - l'histoire quantitative. Il osait aller à contre-courant et c'est en cela qu'il fut un maître, c'est-à-dire un exemple.

Homme de foi : cette dimension lui était consubstantielle. A nous qui étions plutôt indifférents en matière religieuse, il parvenait à nous passionner par les exposés qu'il prodiguait sur une période, le temps des réformes, où, justement, les passions religieuses étaient telles qu'elles eussent pu nous détourner de toutes ces manifestations de fanatisme, peu concevable à notre époque. Avec Pierre Chaunu, qui campait avec talent un Martin Luther plus vrai que nature, nous comprenions les enjeux des débats théologiques les plus pointus et, suprême élégance, notre maître se révélait tout aussi convaincant lorsqu'il expliquait la Contre Réforme ou telle "hérésie" ou déviance protestante. Ce souci de l'honnêteté intellectelle était le gage de notre liberté d'appréciation des phénomènes religieux, redevenant ainsi évènements historiques de première importance.

Grâce à Pierre Chaunu, nous apprenions ainsi qu'il pouvait arriver que, dans la vie, nous eussions le privilège insigne d'avoir raison tout seuls.

Cette conviction profonde qu'il avait su nous insuffler, nous sommes un certain nombre à l'avoir mise au service de la renaissance normande par le truchement du régionalisme. Cela nous a permis, depuis quarante ans, d'être sur la brèche, jamais fatigués, jamais découragés par la médiocrité d'un personnel politique plus attaché à ses prébendes et ses sièges qu'à la défense de l'intérêt supérieur de la Normandie. Certes, d'autres professeurs, d'autres maîtres (Nous pensons à Lucien Musset, à Michel de Bouard, à Gabriel Désert) nous ont APPRIS la Normandie, dont ils étaient d'éminents spécialistes, mais Pierre Chaunu, lui, nous a apporté, outre la rigueur scientifique, la volonté de briser les tabous et de libérer notre pensée. Nous lui devons beaucoup. Merci, Monsieur le Professeur !

Didier PATTE

Président du Mouvement Normand
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